En visite chez M. LABBE, une chaudronnerie Inox au coeur de l'Europe.
Crise…, le mot est lâché. Encore. Ce qui n’est pas sans lasser Thomas Labbe, Directeur Général l’entreprise M. LABBE spécialisée dans la chaudronnerie Inox. Interview d’un manager bien décidé à passer outre la dite crise pour se projeter plus loin, voir après…

Quels sont vos secteurs d’activités ?
Depuis sa création en 1948, la société M.LABBE s’est spécialisée dans la chaudronnerie Inox, alliages de Nickel et métaux nobles. Nous travaillons principalement dans l’agro-alimentaire, la pétrochimie, la chimie et la chimie fine, et cherchons à nous développer dans le nucléaire.. Nous assurons l’étude, la conception et la réalisation d’équipements complexes tels des échangeurs, des cuiseurs, des cristalliseurs, des cyclones, des évaporateurs, des séparateurs, etc. La maîtrise en interne de toutes les étapes de fabrication nous permet d’assurer à nos clients la garantie de nos engagements en terme de qualité et de respect des délais.
A quel moment intervenez-vous ?
Le bureau d’études de la société M. LABBE intervient au niveau de la conception dans la fabrication, mais pas dans le process qui appartient au client. Cela reste du travail sur mesure, notre savoir-faire nous permettant d’intervenir au besoin sur la conception. Notre bureau d’études est à même de calculer les épaisseurs des matériaux, car nous sommes responsables de la tenue mécanique en fonction du cahier des charges (pression,température)des codes de calculs et des éléments finis. C’est un gros avantage par rapport à nos concurrents des pays de l’Est, de Turquie, de Chine ou d’Inde qui se contentent d’exécuter des plans sans proposer aucune amélioration comme par exemple un soufflet de dilatation sur un échangeur.
Quelles sont les répercussions de la crise sur votre activité ?
Nous avons ressenti la crise à mi 2008 avec beaucoup de projets gelés, notamment de la part de donneurs d’ordre français. Nous sommes passés de 5 millions d’euros de CA en 2005 à 10 millions d’euros en2007 qui fut une année exceptionnelle. Nous en avons donc profité pour investir, en maintenant notre CA à 10 millions en 2008. En 2009 par contre, notre CA devrait baisser et remonter en 2010. Par contre nous avons considérablement développé nos collaborations à l’étranger, surtout avec l’Egypte, la Russie, la Hollande, l’Autriche, l’Allemagne et les grands pays européens. Depuis 2005 où notre marché était 100% français, du moins quand aux donneurs d’ordres, nous travaillons maintenant à 40% pour l’export. Les banques nous ont suivis et l’optimisme est de mise. Si bien que nous avons profité de cette période pour lancer des programmes de formation de personnel et que nous sommes prêts à redémarrer.
Avec la crise vous poursuivez vos investissements ?
Fort heureusement, en juillet 2006, afin d’assurer le développement de la société M. LABBE, nous avions décidé d’investir dans l’achat d’un terrain de 25 000 m2 et dans la construction de nouveaux bâtiments industriels de 10 000m²pour une valeur de 8 millions d’euros Installés fin janvier 2008, nous avons intégré de nouvelles machines et du personnel compétent. Ultra modernes, les nouveaux ateliers inspirent confiance. Loin d’être de la poudre aux yeux, c’est la vitrine d’un savoir faire, des capacités techniques et de production de l’entreprise, d’où l’apparition de nouveaux clients internationaux. De grands donneurs d’ordres qui apprécient aussi l’emplacement de l’entreprise, près de Paris, au cœur du Pôle d’activités de Marne la Vallée. Avec ses infrastructures, ses hôtels, ses facilités d’accès par autoroute, TGV ou via l’aéroport. Evidemment, lorsque ce plan d’investissement avait été conçu, pour permettre à l’entreprise de se développer, de décrocher des marchés, notamment auprès des donneurs d’ordre qui se tournent de plus en plus vers les pays de l’Est, la crise n’avait pas été prévue. Pour autant une fois celle-ci installée, il était hors de question de faire machine arrière. Cela ne sert à rien de se morfondre dans son coin ou de se replier sur soi, il faut aller de l’avant. On prépare l’après-crise, nous avons d’ailleurs en projet l’achat d’une machine à découper au jet d’eau (environ 500 000€).
Ces nouveaux locaux vous permettent aussi de mieux répondre au côté environnemental ?
Oui, car nous n’avions ni les moyens ni la place dans l’ancien bâtiment d’investir, entre autres, dans le retraitement des produits de décapage. Dans notre nouveau bâtiment, nous avons intégré une aire de décapage répondant aux exigences environnementales.
On connaît les problèmes de recrutement de soudeurs qualifiés, comment faites-vous ?
A l’heure actuelle, nous recrutons uniquement du personnel local qui vient de tous les horizons, cela va du boulanger au mécanicien… nous les formons ensuite en interne. Nous les soutenons en intégrant de nouvelles technologies commandes numériques, logiciel 3D qui leur facilitent le travail, notamment par des techniques comme le découpage laser. Nous avons commencé nos phases d’embauche dès 2006 par des jeunes déjà formés au technique du soudage TIG/MIG, puis en début 2008 par des jeunes inexpérimentés dans ce domaine, mais très motivés. Nous les intégrons dans un plan de formation en alternance pendant un an. Nous avons aussi profité de cette période de crise pour lancer un vaste programme de formation de tous nos soudeurs. Ils ont tout d’abord été évalués, puis en fonction de leurs résultats ont entamés une formation adaptée, suivi d’un examen et d’une qualification. Pour nous, Il était important que ces formations soient adaptées à nos besoins et aient lieu au sein de la Société M. LABBE.
M. LABBE en quelques chiffres
- Employés : 43
- CA : 10 millions d’Euros
- Terrain de 25.000 m²
- Surface couverte de 10.000 m2 d’atelier
- 4 travées de 108 m de long x 20 m de large x 15 m de haut
- 1 fosse de 4,5 m de haut pour 6 m de diamètre
- Stock de 1000 tonnes de tôles Inox de 1 à 60 mm d’épaisseur

